jeudi 12 février 2009

Petit Bonhomme


« Je vendis mon âme au diable à l’âge de 12 ans, un matin d’hiver, un dimanche. C’est le jour où je fais les courses pour papa et maman, il fait froid et le temps est gris. En effet, les nuages se chevauchent les uns par-dessus les autres pour ne former plus qu’un, on appelle ça la complémentarité, enfin, c’est ce qu’on me dit mais on dit tellement de bêtises à un enfant de 12 ans, sous prétexte que c’est un enfant, que ce n’est qu’un enfant. Les rues se ressemblent toutes, les hommes ne font pas dans l’extravagance, enfin c’est ce que je me dis, le goudron est dans les teintes noires et c’est lassant, on se lasse vite à mon âge, il n’y a que la couleur de la brique qui semble annoncer des touches de couleurs, encore une chance que je n’habite pas à Paris ou les immeubles sont à la couleur du ciel, gris. Je marche, ou plutôt je cours à travers la longue rue qui juxtapose l’espace familial à la place du marché, elle est longue et j’ai l’impression que les pas que je fais ne font que l’allonger. L’avantage d’avoir 12 ans, c’est de raconter des choses graves sans gravité, et l’on peut se permettre les répétitions, les adultes sont compréhensifs à cet âge-là. »

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