jeudi 19 mars 2009

Prozeß


Prozeß


Le dernier jour de sa trentième année, deux hommes arrivent pour exécuter Joseph. Ils le conduisent dans une petite carrière hors de la ville, et l'assassinent sans autre espèce de formalité, à l'aide d'un couteau de boucher. Les derniers mots de K résument les conditions de sa propre mort : « Comme un chien, dit-il, comme si la honte dût lui survivre ».



mercredi 11 mars 2009


THERE WILL BE BLOOD

Je n’ai pas réussi à me rendormir cette nuit-là, avec la pleine lune pour moi, le sommeil est un mythe. Je suis resté sur ma terrasse à fumer et à rêver tout en écoutant le bruit des embruns et à observer les ténèbres. Je passe le plus clair de mon temps lors de mes insomnies à imaginer le parcours d’une vague. J’aime rester des heures à me figurer son parcours. Je la vois prendre naissance en plein milieu d’un océan quelconque, au milieu de nulle part. Elle n’est que liquide et sa couleur azur, comme le disent les écoles shintoïstes, renvoie bien à la vie et à la création. Alors ensuite, elle se mouvra avec l’aide des alizés et constituera une source de vie pour un grand nombre d’êtres vivants. Elle sera à son paroxysme et, dans son excès de jeunesse, elle donnera la vie. Elle viendra s’échouer sur une funeste côte qui sonnera la fin de son existence. Je suis une personne nostalgique, enfin, je le pense. Paradoxalement les couleurs rougeoyantes de l’aube mettent un terme à ma rêverie et l’astre recommence inlassablement sa course, une fois de plus.

Stadsutopie







MISHIMA EST MON IDOLE


J’ai encore mal dormi en cette nuit d’août, je ne sais pas pourquoi, il faut dire que je n’ai jamais supporté la chaleur et que les moustiques s’en donnent à cœur joie pour me pomper l’hémoglobine. Je regarde autour de moi pour identifier les lieux car je ne suis pas bien éveillé. J’émerge du pays des rêves où j’avais traversé la douane il y a à peine une heure de cela. Mon visa vers les songes doit être achevé, je n’ai jamais dormi lors du mois de Phoebe de toute façon. Une brise légère soulève le drapé qui recouvre mon corps nu et glisse le long de ma colonne vertébrale, comme le zéphyr gonflant les voiles d’un bateau patinant sur une mer d’huile pour finir en escale au pays de ma crinière couleur sable. La parade nuptiale est à son comble et la lune joue son plus grand ballet accompagnée par des étoiles qui pointillent le firmament d’une noirceur apocalyptique. Le vent fait mouvoir les palmiers qui, de ce fait, agitent d’une manière déconcertante leurs feuillages et réitèrent cette action pour rythmer cette opérette nocturne. Je passe mes phalanges dans la jungle de mes cheveux et me mets sur le rebord du lit. Un miroir me renvoie le portrait d’un jeune homme au corps athlétique. Je suis en émoi par ma beauté et scrute chaque partie de mon anatomie, avec une certaine timidité, comme si mon propre reflet pouvait s’offusquer de cette séance de voyeurisme. J’observe la couleur légèrement ocre de l’épiderme qui recouvre toute ma carcasse et examine les abdominaux légèrement suintant due à la chaleur omniprésente de la saison. Ma grave beauté m’a toujours donné un excès de confiance en moi lors des relations avec les autres personnes. J’ai toujours aimé dormir dépourvu de vêtements, gardant mon caleçon jusqu’à mes jeux nocturnes quotidiens. Je décide alors de me lever. Je dépose mon talon sur le parquet en chêne qui a été ciré dans la journée et cherche du pied le boxer que j’avais jeté quelques heures auparavant. Je retrouve l’objet que je venais de vicier avant de m’endormir et je m’emplis d’une joie presque malsaine à savoir que je vais enfiler un objet souillé par un corps si sublime. J’étais le propre objet de mes désirs et je savais que cela m’emmènerait non seulement à ma déchéance mais aussi à ma propre perte.